Confier les clés d’une sélection mondialiste à un duo de novices en la matière s’apparente, en ce moment précis de l’histoire, à un coup de poker sans grands risques à court terme. Seulement.
L’histoire du football nous rappelle continuellement que la réussite est intimement liée à la chance. La chance de savoir saisir la moindre opportunité fait, d’ailleurs, partie de ce catalogue. Voir Brahim Hemdani passer, en quelques semaines seulement, de l’anonymat des tréfonds des divisions amateurs en France aux feux de la rampe qui accompagnent l’une des sélections du top-5 africain relève, ainsi, exclusivement de ces coups de chance qui peuvent autant promouvoir une belle histoire que d’annoncer une erreur de casting. Avoir remporté la médaille d’or d’un tournoi régional auxquels les grandes nations de foot du bassin nord de la Méditerranée n’accordent aucune importance lui a, ainsi, valu une promotion que personne n’imaginait possible avant ce jour, y compris du côté de Dely Ibrahim.
Un casting pour le contexte
Or, la légèreté du carnet d’adresses de ceux qui tiennent la manette, l’absence d’accord avec un grand nom du circuit international et la proximité des échéances à venir ont accéléré le processus, bon juste à rappeler que «le provisoire qui dure» n’est pas si incompatible au populisme fédéral de bon aloi. Mettant (forcément) à profit le chemin biaisé vers la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, la FAF n’est pas allée loin pour désigner un successeur à Vladimir Petkovic, préférant faire l’économie d’une recherche avancée avec ce que cela suggère en parallèle comme gain de temps et d’argent.
Avec un groupe composé d’une Zambie très loin du niveau qui en avait fait un champion du continent sous Hervé Renard et qui flirte actuellement avec le top 100 mondial (90e au dernier classement FIFA et 19e à la CAF) et de deux sans- grades du sous-sol africain que sont le Togo (119e nation mondiale et 32e à la CAF) et le Burundi ( 142e au classement planétaire et 42e sur 54 en Afrique), l’Algérie ne trouvera, sauf cataclysme, aucune peine à se qualifier.
Un chemin balisé vers la CAN-2027
Elle devrait même finir dans la première moitié du tableau de son groupe I et composter son billet pour la 36e édition du tournoi qui se déroulera entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Pour la 5e nation africaine et 29e mondiale, une présence à la CAN à l’issue de qualifications qui se joueront en trois mois face à d’adversaires potentiellement (très) en dessous sur le double plan qualitatif et compétitif demeure une simple formalité que (même) un néophyte à la tête de cette sélection clés en main ne pourrait rater. D’où le choix de Brahim Hemdani qui ne présente ni le CV recommandé pour succéder à Petkovic, ni les garanties d’une réussite à moyen terme.
Aucune comparaison possible avec Belmadi
Et si l’envie prenait soudainement quelques analystes en toc de tisser la comparaison avec un certain Djamel Belmadi au moment de sa prise en main de l’EN, il faudrait rappeler qu’avant de s’assoir sur le banc des Verts, le futur vainqueur de la CAN-2019 au Caire avait à son palmarès l’intégralité de la collection de breloques ouest- asiatiques, ce qui dessine une aura et suggère une manière d’être. Dire, en somme, que la FAF a oublié les préceptes du haut niveau international en misant sur un contexte favorable pour «placer» un staff technique qui n’est pas à sa place équivaudrait à chuchoter un euphémisme pour tancer ce bricolage qui tend à s’installer en modus operandi.
– RACHID BELARBI
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